Islam : les soufis sont à la recherche d’un islam qui tend à respecter l’environnement

Bien que l’écologie a longtemps constitué un angle mort au niveau des religions notamment en islam, plusieurs initiatives innovatrices ont fait leur apparition apportant une approche ésotérique et spirituelle de la religion musulmane. Selon les savants en islam la religion n’est pas seulement prié durant les horaires de prière, mais c’est aussi respecter autrui et la nature.

L’emplacement de l’écologie dans la religion

Associer l’écologie et l’islam pourrait paraître presque impertinent. L’historien et spécialiste de l’islam, Daoud Riffi, décrit ce sujet de parent pauvre par rapport à la pensée des musulmans. Selon le professeur émérite à l’université de Strasbourg, Eric Geoffroy, le rapport utilitaire à la nature créé par la mondialisation et l’obsession religieuse ritualiste estompent dans la société qui est usée par la corruption et la pauvreté, toute forme de conscience écologique et universaliste. En effet, selon le diagnostic de Daoud Riffi, si l’écologie constitue un angle mort dans la religion, c’est essentiellement, car la société a reçu de plein fouet la modernité occidentale. Par ailleurs, cette dernière causant beaucoup de dégâts sur la nature a permis à l’Occident d’effectuer un recul réflexif par rapport à l’environnement.

C’est un problème de civilisation

Plusieurs initiatives novatrices ont pu fleurir, durant ces dernières années, apportées majoritairement par les soufis. Comme c’est le cas de la jeune fondation du développement durable méditerranéenne Jardin du connaissant (Djanatu Al-Arif), qui se trouve en Algérie. Cette fondation a été créée par l’imam dirigeant les prieurs durant les horaires de prière Alger. Il existe également plusieurs œuvres mises en place comme celle de Hossein Nasr, l’auteur et intellectuel iranien qui a écrit l’Homme face à la nature en 1978, en mettant à nu la crise spirituelle de l’homme moderne. Pour le professeur Geoffroy, ces œuvres constituent des ébauches poussant à la redécouverte de la religion islamique originelle qui a toujours encouragé précieusement le plan écologique. Par ailleurs, l’islamologue a alors expliqué que le problème n’est pas théologique, mais qu’il est civilisationnel. L’écrivain Aldo Leopold a mentionné dans son ouvrage Penser comme une montagne a affirmé qu’au 6e siècle le prophète Mohamed a tenu à informer ses amis à propos de la montagne Uhud “ Cette montagne nous aime et nous l’aimons”. En outre, l’écrivain a assuré qu’en islam tout est vivant même le minéral, ainsi selon le spécialiste en islam Omero Marongiu Perria, toute la création est alors dotée d’une conscience.